À première vue, l’aéroport de Reykjavik semble être le point de départ naturel pour partir à la chasse aux aurores boréales en Islande. Pourtant, une précision s’impose dès l’arrivée : l’aéroport international de Keflavík accueille la grande majorité des vols venant de l’étranger, tandis que l’aéroport de Reykjavik, situé au cœur de la capitale, est principalement consacré aux liaisons intérieures.
Cette distinction ne change rien à l’intérêt de Reykjavik comme base d’observation. La capitale islandaise permet de rejoindre facilement les côtes, les landes volcaniques et les vallées sombres où les lumières artificielles s’effacent. En quelques heures, on peut passer d’un café animé du centre-ville à une route déserte, les yeux tournés vers un ciel chargé de promesses.
Keflavík ou Reykjavik : quel aéroport choisir ?
Pour un voyage international, votre avion atterrira généralement à l’aéroport de Keflavík, appelé KEF. Il se trouve à environ 45 kilomètres de Reykjavik, sur la péninsule de Reykjanes. Le trajet jusqu’au centre-ville dure habituellement entre 45 minutes et une heure, selon la circulation et les conditions météorologiques.
L’aéroport de Reykjavik, ou RKV, est beaucoup plus proche du centre. Il dessert surtout les vols intérieurs vers Akureyri, Ísafjörður, Egilsstaðir ou les îles Vestmann. Il peut donc devenir utile si vous poursuivez votre voyage dans le nord ou l’est de l’Islande, mais il n’est généralement pas votre premier point d’arrivée depuis la France, la Belgique ou la Suisse.
Une fois cette nuance comprise, l’organisation devient simple :
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Keflavík : arrivée des vols internationaux et départ vers Reykjavik.
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Reykjavik : accès rapide au centre-ville et aux vols intérieurs.
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La capitale : base pratique pour combiner observation des aurores, excursions et découverte culturelle.
Dans la pratique, beaucoup de voyageurs atterrissent à Keflavík, passent quelques nuits à Reykjavik, puis partent chaque soir explorer les environs. Cette formule évite de changer d’hébergement tous les jours et laisse davantage de souplesse lorsque la météo décide de jouer les trouble-fêtes.
Pourquoi Reykjavik est une excellente base pour les aurores boréales
Reykjavik n’est pas l’endroit le plus sombre d’Islande, loin de là. Les éclairages de la ville forment un halo visible à plusieurs kilomètres. Pourtant, sa situation reste très intéressante pour une première découverte des aurores boréales.
La capitale est installée sur la côte sud-ouest, dans une région relativement accessible et bien desservie. Depuis le centre, il suffit souvent de rouler une trentaine de minutes pour atteindre des zones où la pollution lumineuse diminue nettement. Les excursions organisées gagnent ensuite des secteurs plus isolés, en fonction de la couverture nuageuse et de l’activité aurorale.
Reykjavik présente aussi un avantage précieux : la diversité des activités disponibles pendant la journée. Une nuit nuageuse n’est jamais complètement perdue. On peut visiter le musée Perlan, observer les phénomènes volcaniques, se détendre dans une piscine géothermale ou partir le long du Cercle d’Or. En Islande, même les plans B ont souvent une vue spectaculaire.
Peut-on observer les aurores depuis Reykjavik même ?
Oui, mais il faut choisir son emplacement avec soin. Dans le centre-ville, les lampadaires et les vitrines rendent les aurores faibles difficiles à distinguer. Une activité intense peut toutefois apparaître au-dessus des toits, surtout lorsque le ciel est bien dégagé.
Pour améliorer vos chances sans quitter la capitale, dirigez-vous vers des secteurs moins éclairés. Le phare de Grótta, à l’extrémité ouest de la ville, est l’un des lieux les plus connus. L’endroit offre un horizon dégagé sur la baie de Faxaflói et une ambiance particulièrement agréable lorsque les nuages s’écartent. L’accès peut cependant être limité à marée haute, et les conditions hivernales rendent les routes parfois glissantes.
Le parc Öskjuhlíð, autour de Perlan, propose également quelques zones plus sombres. Il ne faut pas s’attendre à retrouver l’obscurité d’une lande islandaise, mais ce site peut convenir à une observation rapide ou à une première tentative photographique.
Depuis Reykjavik, gardez en tête une règle simple : plus l’aurore est faible, plus la lumière de la ville devient gênante. Une bande verte timide peut être invisible à l’œil nu dans le centre et parfaitement perceptible quelques kilomètres plus loin.
Les meilleurs secteurs autour de la capitale
Les excursions au départ de Reykjavik se dirigent vers plusieurs régions, selon les prévisions et l’état des routes. Le choix du lieu n’est jamais figé à l’avance : un ciel couvert au sud peut être parfaitement dégagé au nord-ouest.
La péninsule de Reykjanes
Proche de l’aéroport de Keflavík, la péninsule de Reykjanes constitue une option très pratique dès le premier ou le dernier soir du séjour. Ses champs de lave, ses falaises et ses côtes battues par l’Atlantique offrent des premiers plans intéressants pour la photographie.
La région est exposée au vent et les conditions peuvent changer rapidement. Les routes secondaires ne sont pas toujours adaptées à une conduite improvisée de nuit. Si vous louez une voiture, vérifiez les informations officielles avant de partir et évitez de vous aventurer sur une route fermée simplement parce qu’elle semble mener vers un ciel plus sombre. Les aurores ne valent pas une sortie de route.
Le parc national de Þingvellir
À environ 45 minutes de Reykjavik, Þingvellir est souvent intégré aux circuits du Cercle d’Or. Le parc se trouve loin des principales sources de lumière et propose des paysages remarquables : faille tectonique, lac Þingvallavatn et reliefs volcaniques.
Pour une sortie nocturne, le site permet d’associer deux expériences très islandaises : marcher sur une terre façonnée par les mouvements des plaques tectoniques, puis attendre que le ciel s’illumine. Il est toutefois essentiel de rester sur les chemins autorisés et de prévoir une lampe frontale avec un mode rouge afin de préserver sa vision nocturne.
La côte sud
Les excursions plus longues partent parfois vers Hveragerði, la côte sud ou les environs de Vík. Ces secteurs sont plus éloignés, mais ils offrent des décors spectaculaires : cascades, plages de sable noir et reliefs volcaniques.
La distance ne garantit pas une meilleure aurore. Elle permet surtout de trouver un ciel plus sombre et parfois moins nuageux. Un guide expérimenté adaptera son itinéraire aux données météorologiques plutôt que de suivre un parcours identique chaque soir.
Quand partir depuis l’aéroport de Reykjavik ou Keflavík ?
La saison des aurores s’étend généralement de la fin du mois d’août au début du mois d’avril, lorsque les nuits sont suffisamment longues. Les mois de septembre, octobre, mars et début avril offrent souvent un bon équilibre entre obscurité et conditions de déplacement plus simples qu’au cœur de l’hiver.
De novembre à février, les nuits sont très longues. Cela augmente la durée potentielle d’observation, mais les journées sont courtes et la météo peut être rude. En décembre, par exemple, la luminosité diurne reste faible : il faut organiser les visites et les trajets en conséquence.
La pleine lune n’empêche pas d’observer une aurore. Sa lumière peut même éclairer agréablement un paysage enneigé. En revanche, elle réduit le contraste des aurores les plus faibles. Pour photographier des détails subtils, une nuit proche de la nouvelle lune peut être préférable.
Comprendre les prévisions avant de sortir
Une application affichant une probabilité de 20 % ne signifie pas que l’aurore est impossible, pas plus qu’un indice élevé ne garantit un spectacle. Trois éléments doivent être examinés ensemble :
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L’activité solaire : elle indique le potentiel de présence des aurores.
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La couverture nuageuse : elle détermine si le phénomène sera réellement visible depuis votre emplacement.
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L’obscurité : elle est indispensable pour distinguer les formes et les couleurs.
En Islande, la couverture nuageuse est souvent le facteur décisif. Consultez les cartes de nuages heure par heure, mais gardez une marge d’incertitude : sur une île exposée à l’Atlantique, les prévisions évoluent rapidement.
Les données de l’Office météorologique islandais, les cartes de couverture nuageuse et les alertes routières sont particulièrement utiles. Les applications d’aurores peuvent compléter ces informations, mais elles ne remplacent pas l’observation du ciel. Une trouée nuageuse imprévue peut offrir la meilleure fenêtre de la soirée.
Excursion organisée ou voiture de location ?
Depuis Reykjavik, les deux options sont intéressantes. Une excursion en autocar ou en minibus simplifie la logistique : le guide surveille les prévisions, choisit une direction et vous ramène à votre hébergement. C’est une solution rassurante pour une première nuit ou lorsque les routes sont enneigées.
Les sorties en petit groupe offrent généralement davantage de souplesse. Le guide peut modifier l’itinéraire plus facilement et expliquer les réglages photographiques ou les phénomènes observés. Certaines agences proposent aussi une nouvelle sortie gratuite si aucune aurore n’a été visible, selon leurs conditions commerciales.
La voiture de location procure une liberté appréciable. Vous pouvez attendre plus longtemps, changer de secteur ou composer une soirée à votre rythme. En contrepartie, il faut accepter de conduire de nuit sur des routes inconnues, parfois verglacées et exposées aux rafales. Vérifiez toujours l’état des routes sur le site officiel avant de quitter Reykjavik.
Une bonne stratégie consiste à réserver une excursion dès la première ou la deuxième soirée. Si le ciel reste obstinément couvert, vous pourrez tenter votre chance seul plus tard avec davantage d’expérience et une meilleure lecture des conditions locales.
Conseils pratiques à la sortie de l’avion
Après l’atterrissage à Keflavík, ne vous précipitez pas immédiatement dans une chasse nocturne improvisée. Récupérez votre véhicule, installez-vous et prenez le temps de vérifier la météo. Après un vol tardif, la fatigue peut transformer une belle aventure en longue attente dans un parking glacé.
Prévoyez plusieurs couches de vêtements : sous-vêtement thermique, polaire, veste imperméable, bonnet, gants et chaussures isolantes. Les températures ressenties chutent rapidement lorsque l’on reste immobile avec un trépied. Des chaufferettes pour les mains peuvent sauver une soirée photographique, tout comme une boisson chaude dans un thermos.
Emportez également une lampe frontale à lumière rouge, une batterie externe et des batteries de rechange conservées au chaud dans une poche intérieure. Le froid diminue leur autonomie. Pour les téléphones, le même conseil s’applique : un appareil qui affiche 40 % de batterie peut parfois s’éteindre sans prévenir après quelques minutes dehors.
Photographier une aurore depuis Reykjavik
Un trépied stable est indispensable. Réglez l’appareil en mode manuel, ouvrez largement le diaphragme et commencez avec une sensibilité comprise entre 800 et 3200 ISO. Une pose de quelques secondes peut suffire pour une aurore vive ; une aurore lente et discrète demandera parfois davantage de temps.
Faites la mise au point sur l’infini avant de partir ou utilisez une étoile brillante pour la régler manuellement. L’autofocus peine généralement dans l’obscurité. Désactivez aussi le flash : il éclairera surtout les personnes proches et n’aura aucune influence sur l’aurore située à plusieurs dizaines de kilomètres.
Depuis un point proche de Reykjavik, intégrez un élément du paysage dans votre composition : phare de Grótta, silhouette d’une montagne, rochers volcaniques ou reflet sur une baie calme. Une aurore seule remplit le ciel, mais un premier plan raconte le lieu. Et c’est souvent ce détail qui transforme une jolie image en souvenir véritablement islandais.
Une base confortable pour une expérience flexible
Choisir Reykjavik comme point de départ permet finalement de combiner confort et aventure. L’aéroport international de Keflavík facilite l’arrivée, l’aéroport domestique de Reykjavik ouvre l’accès aux autres régions du pays, et la capitale offre suffisamment de services pour organiser les sorties sans improviser chaque détail.
La meilleure aurore n’est pas toujours celle que l’on attendait. Elle peut apparaître au bord d’une route, entre deux averses, après une soirée annoncée comme médiocre. Depuis Reykjavik, l’essentiel est de rester mobile, attentif aux éclaircies et prêt à sortir lorsque les prévisions deviennent favorables. En Islande, le ciel ne promet rien, mais il sait parfois offrir beaucoup plus que prévu.
